Histoire de l'Espagne


carte Espagne la galice

La Galice vit naître le plus célèbre des pèlerinages: celui de St Jacques de Compostelle. En Asturies commença la Reconquête, la lutte contre les Arabes qui allait durer prés de sept siècles.De Cantabrie partirent au IX siècle les "foramontanos" pour repeupler la Castille dévastée par les guerres.

Enfin le Pays Basque conserve l'euskera, la plus ancienne langue de l'Occident. L'accès aux quatre communautés de la côte Nord fut toujours plus facile par la mer. Les régions de l'intérieur, montagneuses, couvertes de forêts et pratiquement sans chemins, furent traversées par très peu de voyageurs, la plupart étant des pèlerins se rendant à Saint-Jacques-de-Compostelle, et ont été des lieux cachés qui ont conservé pour cela, non seulement leur paysage, mais encore leurs coutumes et leurs traditions. Maritime et agricole, un parcours par cette Espagne verte sera toujours agréable pour le plus exigeant de ses visiteurs.

 

 

Située à l'extrémité Nord-Ouest de la péninsule, baignée par la mer qui a doté son littoral d'une multitude de rías, de plages et d'îles, la Galice est entourée à l'intérieur de montagnes qui l'ont maintenue isolée tout au long de l'histoire sauf dans ses chemins de pèlerinage.

Les côtes galiciennes sont abruptes sur la côte du golfe de Gascogne et dans les merveilleuses Rías Altas. Les rías sont les embouchures des nombreux affluents du fleuve Miño lorsqu'il arrive dans la mer-, et s'adoucissent à mesure que l'on se rapproche des Rías Bajas, sur l'océan Atlantique.

L'avenir de cette communauté autonome privilégiée a été façonnée au IX éme siècle, lorsque fut découverte la tombe de l'apôtre Saint-Jacques.

Dès lors, la Galice est devenue l'un des lieux de pèlerinage les plus importants d'Europe. 

Pour y parvenir, les pèlerins passaient les Pyrénées par cinq voies différentes, dont la plus importante était le "chemin français". Le long de ces parcours, des monastères, des églises et des hôpitaux ont été construits pour accueillir les pèlerins, devenant un creuset où les cultures les plus variées étaient assimilées et diffusées.La Galice est toujours surprenante, étant donné que cette région du Nord-Ouest de l'Espagne s'oppose au topique de l'Espagne chaude et ensoleillée qu'on pense.

La Galice fait partie de L'Europe verte, atlantique. Son relief ondulé se distingue par la faible présence de plaines mais ses montagnes forment des sites suggestifs et des parcs naturels. La Galice est divisée en quatre provinces:Ourense (Orense), A Coruña (La Corogne), Lugo et Pontevedra.

L'esprit de cette région sont ses petits villages enveloppés de bruma, paysage qui n'a pas changé le long des siècles.

 

 

La Communauté Autonome de la Cantabrie est enclavée entre les régions de Castille et Léon, des Asturies et du Pays basque.

D'après les vestiges que l'on y a trouvés, on sait que les premiers habitants de la région étaient des pêcheurs et des chasseurs, mais qu'ils exploitaient également leurs terres et s'occupaient du bétail.

Sa situation géographique, avec le Golfe de Gascogne au Nord et les montagnes de la Cordillère Cantabrique au sud, en fait une province au climat doux, sauf sur les contreforts des magnifiques Picos de Europa, impressionnante muraille calcaire ainsi baptisée parce que c'était la première chose que les pêcheurs apercevaient du territoire européen dans la brume.

Traditionnellement, on a considéré en Cantabrie deux grandes régions naturelles différentes: la marine et la montagne. La première située le long de la frange côtière possède un relief et un climat doux avec une densité de population élevée. La montagne, au contraire, a un relief accidenté, un climat plus rude, une population faible et éminemment rurale.

L'intérêt pour l'environnement en Cantabrie est tel que presque un tiers de son étendue se compose se réserves de chasse et de parcs naturels qu'habitent certaines espèces protégées telles que l'ours brun et le coq de bruyère, en parfait équilibre avec le reste de la faune et de la flore de la région.

Le parc de la nature de Cabarcena se trouve dans la Sierra de Cabarga, sur les terres de l'ancienne zone minière. Il fait cinq kilomètres de long sur deux de large, et s'étend sur sept cents hectares que traversent dix-sept kilomètres de routes. Il existe, en plus, deux lacs servant de refuge aux diverses espèces d'oiseaux aquatiques. 

L'une des zones de ce parc est en réalité un petit zoo où vivent les animaux en semi-liberté, selon des critères didactiques et récréatifs. L'on peut observer des ours bruns, des chevreuils, des chamois, des chèvres hispaniques, des élans, etc... Il y a, de plus, de très beaux itinéraires naturels, des jardins et des gones boisées, des reptiles dans leur habitat, un musée minéralogique et géologique, des restaurants, de la pêche à la truite, etc...

À part le Parc National des Pics d'Europe que la Cantabrie partage avec les Asturies et la province de León, il existe dans la province quatre parcs naturels: Dunas de Liencre (qui a les plus belles dunes de toute la Cantabrie et important passage d'oiseaux migrateurs), Saja-Besaya, (où se trouve l'importante resserve de chasse du Saja), Oyambre (paysage de dunes avec des falaises), Peña Cabarga (dans la baie de Santander avec un beau panorama de la ville), et la Réserve naturelle des Marismas de Santoña et Noja.


communauter de cantibe

La communauté de Cantabrie est l'une des régions du monde où le reflet du passage de l'homme préhistorique est le plus présent. 

Altamira, patrimoine de l'humanité, est considéré fort à propos de la chapelle Sixtine de l'art quaternaire. 

Ses peintures ont au moins 13.000 ans d'existence.

Aussi de grande importance sont les peintures du sanctuaire de la grotte d'El Juyo (prés du village d'Igoyo), de la même époque et l'"homme-fossile" de Morin (d'environ 30.000 ans et près d'Altamira) constituent trois importants repères dans l'histoire de l'art paléolithique mondial et se trouvent dans un rayon de 30 km autour de Santander.

Mais c'est dans toute la corniche cantabrique que l'homme primitif a laissé des échantillons de son art et notamment dans les grottes du Castillo à Puente Viesgo ou dans celles de Haza, Covalanas et Cullalvera à Rameles de la Victoria.

Il faut savoir que pour visiter les peintures de Altamira il faut d'abord s'inscrire dans une liste d'attente.

Tranquille et accueillante, Santander est une ville ouverte sur la mer. Avec environ 200 mille habitants, elle se trouve à l'extrémité nord de la baie spacieuse sur laquelle se replient la presqu'île de la Magdalena et le banc de sable de Somo, dans un cadre d'une grande beauté.

Favorisée par une situation géographique incomparable, près de l'Europe, elle bénéficie d'un réseau d'infrastructures et de services modernes, propre à une ville moderne et cosmopolite.

En 1941 la ville fut la proie des flammes et dut de ce fait, être reconstruite comme une ville moderne, avec de nombreux parcs et des avenues spacieuses. Il nous faut signaler la Plaza Porticada et le Paseo de Pereda. 

Parmis les monuments les plus importants se trouve une cathédrale gothique qui a pu être conservée et le Palais de la Magdalena, qui fut construit en cadeau de la part de la ville, à titre personnel, à Alphonse XIII et à son épouse Victoire Eugénie pour leurs séjours d'été dans la capitale cantabre. 

Aujourd'hui ce palais est le siège de l'Université Internationale Menéndez Pelayo.

Le cadre magnifique de la presqu'île de la Magdalena est un jardin public très fréquenté possédant un mini zoo, des aires de jeux pour enfants ainsi que des services hôteliers. 

Le nombre d'élèves a augmenté d'année en année dans cette institution ainsi que les diverses matières qui vont de l'architecture à la médecine, en passant par l'économie ou le droit.

Les cours d'espagnol pour les étrangers y jouissent d'un grand prestige. Il s'y développe également des activités complémentaires telles que des expositions, les mardis littéraires, les jeudis de la Magdalena..

Santander est aussi l'endroit idéal pour des congrès et des réunions. Depuis le 29 avril 1991, le palais des festivals propose à ses visiteurs différents installations et services. 

Le bâtiment comprend deux salles à usage pluridisciplinaire: la salle Argenta et la salle Pereda, pouvant contenir respectivement mille six-cent quarante -huit et cinq-cent soixante -dix places.

Elles sont particulièrement indiquées pour les inaugurations et les clôtures de congrès, des concerts de musique, des récitals, des conférences, etc... 

Aussi, Santander propose une vaste offre de logements, capable d'accueillir un tourisme qui cherche quelque chose de différent, autant dans la forme (culturel, naturel, sportif, rural, gastronomique) que dans la durée (un week-end, été, affaires, congrès...).

Un aspect brillant et ludique de la capitale est le représenté par le casino du Sardinero, ouvert tous les jours à partir de sept heures du soir.

Son numéro de téléphone est le 942 27 19 95. 

En fin de compte, une ville moderne où on peut être en étroit contact avec la nature. 


La région marine espagnol

La région marine

La frange côtière de la Cantabrie s'étend sur 110 km et comprend d'est en ouest, les cités historiques et touristiques de Castro Urdiales, Laredo, Santoña, Noja, Isla, Ajo; dans l'axe se trouvent Santander, la capitale, et plusieurs stations balnéaires dont les plus importantes sont Suances, Comillas et San Vicente de la Barquera.

Un peu plus à l'intérieur est situé la cité monumentale de Santillana del Mar et tout près les grottes d'Altamira. Dans cette région on trouve aussi Torrelavega, centre de communications de la zone et seconde ville en importance de la région.

La montagne

La Cantabrie a toujours été connue comme "La Montaña"(la Montagne). Plus de la moitié de son territoire a une altitude supérieure à 700 m..

Longeant les Asturies, nous avons la vallée de Liébana, la ville principale étant Potes. La tradition cite le père de Pelayo (initiateur de la lutte contre les Arabes en Espagne) comme premier seigneur cette vallée, la plus spectaculaire et la plus belle de la Cantabrie. Pour y accéder, en partant d'Unquera, on peut prendre la route qui longe le cours du Deva, passant par le défilé de la Hermida. Ce défilé est si étroit et ses parois si hautes, que les rayons du soleil n'y parviennent que de courts moments dans la journée. Les grandes pierres qui jalonnent le parcours sont connues comme "lágrimas de Don Pelayo" (larmes de Don Pelayo).

La Liébana est formée par une série de vallées intérieures qui servent d'accès aux Pics d'Europe. Le microclimat spécial qui règne fait que la végétation présente des caractéristiques autant méditerranéennes (chênes-lièges et chênes verts) qu'atlantiques (chênes et hêtres).

À Potes, principale localité de la région, les bergers descendent le lundi au marché vendre leurs fameux fromages picón. Monuments et sites intéressants à voir: l'église romane de Piasca, le monastère de Santo Toribio où l'on garde le plus grand fragment connu de la croix du Christ, le petit village de Mogrovejo qui est le lieu le plus photographié de tous les Pics d'Europe. De là on arrive au téléphérique de Fuente Dé, d'où un mirador permet de contempler une des meilleures vues des sommets de la Cordillère.

 


histoire de l Espagne a travers des siecle

 

histoire de l Espagne a travers des siecle

 

Wisigoths veut dire goths sages ou vaillants. Peuple d'origine germanique, composé de Goths venus des bords de la Mer Baltique. Grands cavaliers, ils conservent la structure sociale des Indo-Européens. 

Ces "Goths de l'Ouest", habitent les régions boisées des Karpathes, mais poussés par les Huns, ils franchissent le Danube et entreprennent une marche vers la Moésie, en 376 après JC, avec à leur tête des chefs comme Aléric.

Sous le règne de l'empereur Aurélien, ils s'installèrent au sud-est,en Dacie . Ils ravagent la Grèce , séjournent en Illyrie en 396. 

Mais une révolte des Wisigoths éclata et après une courte paix, les Wisigoths, commandés par Alaric Ier , envahirent l'Italie en 401, mais Aléric est battu à Pollenza par l'Empereur Honorius en 403 après JC. 

Une paix précaire s'installe pour 7 ans. Cependant au mois d'août 410, Aléric marche sur Rome , s'en empare et la livre au pillage, continue vers le sud et ravage l'Italie méridionale. Il meurt en Lucanie en 412.

Le nouveau chef, beau-père d'Aléric, est élu par ses Goths. Ils devinrent ensuite les alliés officiels de Rome. Il s'empare de Barcelone et fait une guerre acharnée contre les Vandales. 

À sa mort, Walia lui succède et après ses victoires sur les Alains et les Vandales, il traite avec l'Empereur Honorius et se fait donner l'Aquitaine (de Toulouse à Poitiers jusqu'à l'Océan). 

Ils nomment le Roi Théodoric Ier et restent les fidèles alliés de l'Empire Romain. Théodoric Ier participa à la victoire romaine sur Attila lors de la bataille des champs catalauniques (451) où il trouva la mort.

Euric (466-484) règna sur les Wisigoths en roi indépendant, introduisant plusieurs éléments du droit et de la culture romaine,et agrandit son royaume du sud de l'Espagne à la Loire.

En 507, le roi wisigoth Alaric II fut vaincu et tué par Clovis 1er, roi des francs lors de la bataille de Vouillé.

Les wisigoths évacuèrent alors la Gaule pour se réfugier en Espagne (Asturies où d'ailleurs s'étaient réfugiés quelques Alains avant eux). C'est le foyer d'où, plus tard, est partie la Reconquista chrétienne qui mettra pourtant 7 siècles à refouler entièrement les Arabes hors d'Espagne.. Ils firent de Tolède leur capitale, vers 556,après avoir cédé l'Andalousie aux Byzantins. 

En 589 , le roi wisigoth Recarède Ier se convertit au catholicisme, mettant un terme aux querelles religieuses.

Les Goths se maintiennent en Espagne jusqu'au début du VIIIe siècle et la bataille de Xérès en fait une province Arabe (en 711 après JC).

11 novembre 712 Bataille de Xérès

C'est un des plus célèbres événements de l'histoire du Moyen Age. Cette bataille fit cesser la domination des Wisigoths et catholicisme dans l'Espagne, qui devint la conquête des Maures. La bataille fut gagnée par Tarif, lieutenant de Muzza, gouverneur d'Afrique, au nom du calife Almanzor. Le roi Rodrigue fut tué. Cette bataille fait le fond de beaucoup de légendes espagnoles. 


L'Espagne musulmane

 

L'Espagne musulmane   

Les musulmans s'étaient rendus maîtres en 718 de la péninsule dans sa quasi-totalité. Une grande proportion de chrétiens convertis à l'islam ainsi que des musulmans de diverses nationalités - Arabes, Syriens et Berbères - fondèrent en Espagne de petites colonies. Les riches terres de l'Espagne méridionale, à laquelle ils donnèrent le nom "Djazirat al-Andalous", présentaient un intérêt incontestable comparativement aux déserts de l'Afrique du Nord.

De l'émirat aux "taifas"

Abd ar-Rahman I er , dernier héritier des califes omeyyades, réussit à échapper au massacre de sa famille, quitta la Syrie et passa en Espagne, où il prit Séville puis Cordoue (756) et fonda un émirat. Abd ar-Rahman III mit un terme à une période de troubles, unifia l'Espagne mauresque et se proclama calife (929). Son règne (912-961), époque de prospérité économique et de splendeur culturelle, marque l'apogée de l'Espagne musulmane.

L'Andalus était, à bien des égards, radicalement différente de l'Europe chrétienne. Alors que l'Europe rurale s'était appauvrie, l'Andalus était une région de villes prospères tournées vers le commerce. Ses produits, notamment le verre, le papier, le cuir, l'orfèvrerie et les soieries, jouissaient d'une grande renommée jusqu'en Inde. Les souverains musulmans toléraient généralement les chrétiens et les juifs et encourageaient la diversité culturelle.

Les sciences, la médecine et la philosophie étaient florissantes, en particulier à Cordoue, la capitale. Les savants islamiques espagnols, tel Averroès, étudièrent les œuvres d' Aristote et des autres philosophes grecs, qui furent traduites en latin avant d'être diffusées dans le reste de l'Europe.

Cette situation dura sous le gouvernement du lettré ambitieux Ibn Abi Amir, connu sous le nom d'al-Mansour ("le Victorieux") et qui exerça une véritable dictature jusqu'à sa mort en 1002. L'Andalus se morcela alors en petites factions et en principautés, dressées les unes contre les autres (les taifas).

Après la disparition du califat (1031), l'Espagne musulmane connut une réunification de courte durée sous des envahisseurs musulmans d'Afrique du Nord, les Almoravides (1086-1147) puis les Almohades (1147-1212), qui cherchèrent à instiller dans la population maure indigène un islam plus teinté d'intégrisme. En dépit de certains succès temporaires, l'Espagne musulmane ne pourra désormais que se tenir sur la défensive.

 

 


Le trésor du Santa Margarita

 

Le trésor du Santa Margarita

Bourré d'or et d'objets précieux, le galion espagnol Santa Margarita, découvert dans le golfe du Mexique par une compagnie australienne, vient de livrer ses premiers trésors, évalués à près de 4 millions de francs. Les responsables de la Maritime Archaeological Investments ont prudemment annoncé la nouvelle avec un mois de retard. Une pièce en or de deux escudos, très rare, 205 services en argent, 3 chaînes en or et un saphir monté sur une bague en or, remontés à l'air libre au cours du mois d'octobre, sont à l'abri dans un coffred d'une banque de Floride.Ce ne serait qu'un échantillon, comparé à ce qui dort encore sous la mer par 20 mètres de fond.

Une époque de rêve

Le Santa Margarita, coulé en 1622, fait partie de cette époque fabuleuse, marquée par la cruauté et la cupidité, durant laquelle les flottes espagnoles partaient de Cadix pour la mer des Antilles et le golfe du Mexique.

Elles vanaient y remplir leurs cales de l'or et de l'argent du Pérou et du Mexique, d'émeraides, de perles, d'améthystes et aussi de sucre, de tabac, de gingembre, de coton, de bois précieux et de tout ce qu'on pouvait alors tirer du Nouveau Monde et de ses habitants. Une fois par an, un immense convoi quittait La Havane, profitant des courants et des vents favorables, pour revenir vers l'Europe et l'Espagne.

Les grands galions

Les galions, grands et gros bateaux ventrus qui pouvainet atteindre une cinquantaine de mètres de long pour quinze de large, puissament armés, n'étaient guère manoeuvrants malgré leurs trois ou quatre mâts et leur forte voilure. Proies des filibustiers et pirates, victimes des tempêtes, nombreux sont ceux qui ont disparu à jamais avec leurs trésors. A jamais? Ce n'est pas si sûr. Le matériel extrêmement sophistiqué dont disposent aujourd'hui les sociétés spécialisées promet bien d'autres découvertes.

 

 


L'exode de la République

L'exode de la République

Cela fait maintenant vingt-cinq ans que Franco est mort. Vingt-cinq ans de liberté et vingt-cinq ans que les exilés espagnols de la République, ceux qui ont dû quitter l'Espagne en fuyant le dictateur ont eu l'opportunité, pour première fois, de retourner dans leur bien aimé pays.

Mais, rien n'est-ce si facile, et beaucoup moins pour ces gens qui ont dû tout laisser derrière eux, leurs biens mais aussi leurs espérances afin de sauver leur vie et celle de leur famille. Beaucoup de ces espagnols sont mortes loin de leur pays, de leur famille à cause de leurs idées politiques. C'est l'histoire d'un exode qui eut lieu il y a maintenant 60 ans.

Un demi-million d'hommes, de femmes et d'enfants; Un demi-million d'êtres humains de tout âge, fuyants une armée de tueurs. Un demi-million de personnes marchant sur les routes encore enneigées, traînant avec eux malades et invalides, s'entassant aux postes frontières et se déversant en un flot continue dans un pays qu'ils ne connaissent pas et qui va ouvrir, à la hâte, des camps entourés de barbelés. La plupart d'entre eux ne reverront jamais plus le pays qu'ils viennent de quitter. Ce sont, malheureusement, des images que nous pouvons voir encore de nos jours, à la télévision.

Mais cette fois-ci, il s'agit de l'exode des Républicains espagnols au printemps 1939. Le pays d'accueil est la France, et celle-ci va mettre en "cage" ces combattants de la liberté. Abandonnés et trahis par les grandes puissances démocratiques, ils vont être les premieres victimes d'une capitulation face à la montée du fascisme et du nazisme. Il faudra attendre l'invasion de l'Autriche et de la Pologne pour qu'enfin les démocraties reagissent tardivement à ces agressions.

Tout le monde avait les meilleures raisons du monde pour ne pas intervenir ou faire semblant d'intervenir. La suite, on la connaît... En 1945, l'Espagne passait en perte et profit. Celles et ceux qui avaient combattu le nazisme en France en constituant les premiers bataillons de la Résistance étaient trahis pour la seconde fois. Une fois de plus tout le monde avait des bonnes raisons de ne pas réveiller les vieux démons et montre ostensiblement l'incurie et la trahison des politiques d'avant la guerre. Pendant quarante ans le peuple espagnol se débrouillera seul face l'ancien allié de Mussolini et d'Hitler.

L'Histoire ne se répète jamais. Mais les réfugiés poussès par des criminels hors de leur pays n'appartiennent pas au passé, pas plus d'ailleurs que les causes qui provoquent de telles catastrophes. "Plus jamais ça", a-t-on dit. C'est ce qu'on désire et souhaite mais l'actualité recente (Rwuanda, Bosnie...) nous démontre le contraire. La vigilance reste de vigueur.


trafic maritime espagnol histoire

Le besoin de réglementer le trafic entre les colonies des Indes de l'Ouest et l'Espagne pousse à la création d'un organisme spécialisé: La Casa de Contratacion, en 1503.

Son rôle est de s'assurer que tout navire quittant Séville (seul port de départ autorisé) sera muni des équipements nécessaires à la navigation et à la survie de l'équipage et du navire. Des inspecteurs montent donc sur tous les navires. Des papiers doivent être signer et contresigner, prouvant le bon état du navire et la bonne foi du capitaine. Des cartes sont dessinées pour les besoins d'une navigation plus précise et plus sûre. Les premières sont de Vespucci.

La Casa à aussi la charge des "Flotas", les flottes de la couronne qui se chargent de transporter les troupes et ramener l'or et l'argent. Elle fournit les pilotes des expéditions, les cartes (qui seront ramenées et jalousement gardées sous peine de dures punitions),l'équipement des navires (voiles, vivres, armes). À la suite des premières attaques de corsaires (français), la Casa exigera que les navires marchands ou de la couronne soient de plus en plus gros (plus de 300 tonneaux) et circulent en convois. Les marchands n'apprécient guère de construire des navires plus chers, ni les convois qui font perdre beaucoup de temps (et donc de l'argent!). Mais le commerce reste hautement lucratif malgré les prises de plus en plus importantes des corsaires. Les navires marchands sont si encombrés de marchandises qu'il n'est pas possible d'ouvrir les sabords et sortir les bouches des canons. 

Le commandement de la Flota est assuré par un noble, qui peut n'avoir aucune connaissance de la mer, et qui est recommandé par le pouvoir. Cet homme doit généralement payé pour sa charge, mais c'est qu'il espère justement retirer beaucoup de richesse de l'expédition. Son manque de connaissance de la mer n'est pas un handicap parce qu'il est entouré de spécialistes dont il suit les conseils. Sur eau ou sur terre, un commandement militaire doit être assuré par un noble, selon les visions de l'époque. 

 


carte histoire Espagne

L'Histoire maritime de l'Espagne

 

 

Depuis 1503, date de la création de la "Casa de Contratacion", bureau commercial, financier et administratif qui cont

rôlait le commerce avec le Nouveau Monde, chaque année, deux flottes partaient de Cadix. La "Flotte de Nouvelle Espagne" avait pour destination le nord de la mer des Antilles et le golfe du Mexique. La "Flotte de Terre Ferme" se dirigeait vers les Antilles du sud-est et le nord de l'Amérique du Sud. L'or et l'argent remontaient par mer le long de la côte occidentale de l'Amérique du Sud. Une fois débarqués à Panama, les lingots et les monnaies transitaient à dos de mulet à travers l'isthme jusqu'à Porto-Bello et Nombre de Dios. La "flotte de Terre Ferme" portait desémeraudes de la Nouvelle-Grenade, les améthystes et les perles.

Puis elle rejoignait, à La Havane, la "flotte de Nouvelle Espagne", lourde de toute la production d'argent du Mexique

et des trésors de la Chine amenés à Acapulco par le "galion de Manille" et acheminés jusqu'à Vera Cruz.

Chaque année, un convoi (pouvant compter jusqu'à cent navires) quittait La Havane et, après avoir longé la côte est de la Floride et contourné le nord des Bahamas, afin de profiter de la poussée du Gulf Stream et des alizés, se dirigeait vers les Bermudes puis les Açores pour enfin atteindre Cadix puis Séville où l'on déchargeait toutes les riches marchandises citées auparavant plus le sucre, le gingembre, le cacao, le tabac, la cochenille, l'indigo, les bois précieux, le coton, la laine rouge, les cuirs, les fourrures, les drogues médicinales, etc...L'Espagne ayant reçu le Nouveau Monde en héritage, n'avait pas suprofiter des énormes richesses ramenées par ses navires et les faire fructifier. Elle avait dilapidé ses richesses dans des guerres fort coûteuses , les tonnes d'argent après avoir traversé l'Atlantique n'avaient fait que transiter par une Espagne ruiné et avait enrichi les marchands et artisans du nord de l'Europe qui s'étaient mis à produire laborieusement tout ce que l'Espagne ne voulait plus fabriquer de ses mains.A partir du début du 17è siècle, ces pays allaient créer leurs propres compagnies des Indes. 

Il sera courant de trouver, à bord des navires hollandais, anglais, scandinaves ou français, des lingots encore frappés des estampilles de 

Mexico ou des "pièces de huit" qui deviendront la monnaie de base pendant près de trois siècles.Parvenus à Amsterdam, Londres, Copenhague ou l'Orient, l'or et l'argent repartaient sur mer pour Java, l'Inde, la Chine ou le Japon. Les pays d'Europe doivent à leurs anciennes Compagnies des Indes une grande part de leur puissance et richesse actuelles. Créant le capitalisme et le colonialisme et représentant un phénomène politique, économique et social unique en son genre dans toute l'histoire de l'Humanité, elles ont été à l'origine des progrès en navigation, des grandes découvertes et explorations ainsi que des progrès scientifiques en géographie, linguistique, botanique et ethnologie. 

 


 La bataille de Somosierra

     La bataille de Somosierra (Madrid)


Le 30 novembre 1808

En signant avec l'Espagne, le 27 octobre 1807, le traité de Fontainebleau, Napoléon Ier convient avec le royaume d'un partage conjoint du Portugal. Cepedant, grâce à l'occupation de ce pays, l'Empereur des Français sera à même d'agir en Espagne, où la dynastie des Bourbons se trouve dans un insigne état da faiblesse. Après l'abdication forcée de Charles IV puis de son fils Ferdinand VII, il place son frère Joseph sur le trône espagnol, suscitant une insurrection générale et une terrible guerre dans laquelle interviennent les Anglais. 

Les cinglantes défaites essuyées par les armées impériales à Baylen (juillet 1808) et à Cintra (août 1808) poussent Napoléon à s'occuper en personne de l'affaire d'Espagne. Le 3 novembre1808, ignorant Joseph, il arrive à Bayonne. Tout va en suite aller très vite. Soult entre dans Burgos. Une semaine plus tard, Lefevre bat les Espagnols à Guenes et Victor défait l'ennemi à Espinosa, le 11. Les Français se heurtent à l'enemi à l'entrée du col de Somosierra, passage obligé de la chaîne de Guadarrama, formidable barage rocheux en avant de Madrid.

Et la bataille s'éclate

L'armée espagnole est commandée par le général Benito San Juan, qui a fait le serment de ne pas laisser passer l'adversaire, jurant "qu'aucun Français n'arrivarait même au col". Dos au village de Buitrago, San Juan a disposé plusieurs batteries d'artillerie de 4 canons. Chacune a en vue de prendre en enfilade les coudes de la route encaissée menant à la gorge; une a été déployée pour cela derrière les parapets d'une redoute située au Puerto (passage du col), en avant de Somosierra.

En face, Napoléon dispose de la division Ruffin, avec, de droite à gauche, le 9e d'infanterie légère, le 96e de ligne et le 24e de ligne, épaulés par les fusiliers et la cavalerie de la Garde. Il aligne également 6 pièces d'artillerie, placées sous les ordres du général Sénarmont.

Dans la nuit du 29 au 30 novembre, la brume s'est levée, favorisant les desseins de l'Empereur et permettant à l'infanterie française de progresser, en trois colonnes, sur les pentes qui mènent au défilé.

Les fantassins français , s'étant emparés de la première position ennemie, sont bientôt soumis au tir des batteries espagnoles et des tirailleurs dissimulés derrière les rochers. Ils doivent ralentir leur avancée, au grand dam de Napoléon qui veut en finir au plus vite.Aussitôt, l4empereur commande aux chevau-légers de dégager la route en prenant la redoute située près du Puerto et ses canons. En quatre minutes à peine, les cavaliers de la Garde impériale, fondant sur les pièces ennemies, en sabrent les servants. Abasourdis par la violence de cette charge, 6000 à 7000 Espagnols, cédant à la panique, s'enfuient. L'infanterie française peut poursuivre sa tâche, s'emparant de nombreux prisonniers et d'un important butin. Quant au général San Juan, il est tué par ses propres hommes alors qu'il tente de les empêcher de fuir.

La tactique de Napoléon

La bataille de Somosierra fut marquée par une charge de cavalerie conduite, sous les ordres du capitaine Kozietulski, par les chevau-légers polonais de la Garde.

Une partie des cavaliers fut fauchée aussitôt par les boulets et la mitraille. Mais, en dépit des pertres subies,les Polonais parvinrent à enlever en quelques minutes les premières batteries, puis à se porter sur le redoute dominant le Puerto. 

Les conséquences de la bataille de Somosierra

Hormis les drapeaux et les canons pris à l'ennemi, Napoléon parvient à s'emparer de 30 caissons, de 200 chariots chargés de bagages et des caisses des régiments espagnols engagés dans l'affaire. La bataille de Somosierra va permettre à l'Empereur de forcer la route de Madrid et d'y lancer immédiatement la cavalerie de la Garde, sous le commandement de Bessières. La capitale espagnole ne résistera pas longtemps aux menaces de l'assiégeant. Napoléon y effectue son entrée le 4 décembre. Aussitôt après, il prend une série de mesures qui feront disparaître les vestiges de l'ancien régime, abolissant les droits féodaux et la justice seigneuriale, supprimant le tribunal de l'Inquisition et fermant les deux tiers des couvents. Puis, en dépit de ses réticences, il se décide à rétablir Joseph sur le trône d'Espagne.


Guerre d'Espagne - 1936

Guerre d'Espagne - 1936

En juillet 1936, l'Espagne - gouvernée par un gouvernement républicain composé d'une coalition de divers groupes de droite - plonge dans la guerre civile, après que l'élection du Front populaire ait soulevé une rébellion militaire au Maroc, rapidement généralisée aux garnisons métropolitaines. 

Cette guerre brutale, qui fait en trois ans près d'un million de victimes, a été interprétée par la plupart des observateurs comme un conflit d'idéologies et en tant que tel, regardée comme un terrible présage de ce qui allait advenir à l'Europe, elle-même au bord de la guerre. 

Les nationalistes espagnols, qui craignent que le pays tombe dans le camp communiste, sont soutenus par la classe moyenne, l'Église et un petit parti fasciste, la Phalange. 

La cause républicaine est défendue par divers groupes de gauche et les classes ouvrières qui concentrent leur pouvoir au sein de petits gouvernements locaux et dans les syndicats.

L'armée espagnole licenciée est remplacée par la milice ouvrière, et dans certaines régions, les usines et les fermes passent en collectivité.

Mais, handicapés par leur manque d'unité politique, les républicains ne sont pas de taille à lutter contre les forces nationalistes unifiées sous le commandement du général Franco. 

Tandis qu'ils reçoivent un aide extérieure limitée à celle de l'URSS, Franco gagne l'appui de Mussolini et d'Hitler (très motivé pour expérimenter dans le ciel espagnol les exploits de sa toute nouvelle Luftwaffe). 

Les lourdes pertes civiles subies durant les bombardements aériens tel celui de Guernica - immortalisé dans son horreur par Picasso - annonceront les horreurs de la Seconde Guerre mondiale.

Fort de l'appui de l'Italie et de l'Allemagne, Franco vainc les républicains en avril 1939 et instaure une dictature militaire dont il prend la tête.

 


drapeau Espagnol

Histoire du drapeau espagnol 

Le drapeau espagnol tel qu'on le connaît aujourd'hui apparaît pour la première fois en 1785. 

Il s'agit alors du pavillon de la marine. Le rouge et l'or étaient les couleurs traditionnelles de la Castille et de l'Aragon, deux provinces espagnoles.

Ce drapeau est remplacé de façon éphémère pendant la période républicaine, de 1931 à 1939, puis rétabli sous Franco. 

Le 22 novembre 1975, Juan Carlos accède au trône et rajoute alors les armoiries royales : entre les deux colonnes d'Hercule se trouve un blason couronné, sur lequel figure les quartiers de la Castille, du Leon, de l'Aragon et de la Navarre.

Au centre de l'écu, on peut voir les trois fleurs de lys des Bourbons et dans la partie inférieure, l'emblème de la province de Grenade. Cependant, ces armoiries ne figurent pas sur les drapeaux à usage civil.

 


carreau cramique ancien

Histoire des carreaux céramiques d'Espagne

Un parcours historique à travers les antécédents de la céramique montre l'influence décisive de l'Espagne dans la naissance et l'évolution des dalles de céramique, en adoptant les apports de la culture musulmane depuis le XIe siècle. 

La Péninsule Ibérique deviendrait pendant le Moyen Age le lieu de rencontre où se donneraient la main des facteurs aussi divers que la riche tradition céramique de l'époque romaine et wisigothique, le bagage technologique et le répertoire décoratif de tradition égypto-mésopotamienne, en plus des apports esthétiques et des nouvelles valeurs du monde chrétien d'origine nordique et méditerranéenne. Cela a donné comme résultat un panorama artistique kaléidoscopique qui, malgré la disparité des éléments originaux, a atteint un degré de cohérence esthétique surprenant, équivalent à celui atteinte dans d'autres domaines de la culture, de la société ou de l'économie de l'Espagne mudéjar.

Premiers apports technologiques du XIe siècle

Parmi les nouveautés technologiques qui sont arrivées avec l'irruption en Espagne de la culture musulmane on distingue, en raison de ses conséquences postérieures, divers procédés céramiques qui visaient à doter le produit d'une couche vernissée au feu qui l'imperméabilise et qui constitue, en plus, le support et la couverte de son chromatisme éventuel ou de sa décoration. 

Ce sont le vernis plombifère transparent ou légèrement coloré de ton vert, la décoration sur engobe blanche, un bas vernis transparent, et la décoration de reflets métallisés, réalisée déjà au XIe siècle et originaire de Mésopotamie, de Perse ou d'Egypte.

Cette technique pénètre tôt dans la Péninsule Ibérique où elle formera un centre de production de grande importance à Malaga. On connaît l'application architectonique du reflet doré comme revêtement, à l'époque islamique, comme la calotte semisphérique qui couronnait le minaret de la mosquée principale de Séville (Xlle siècle) et que l'on voyait sur d'autres bâtiments de la ville. Ce procédé allait être l'objet d'une grande admiration de la part des voyageurs, comme en témoigne l'ldrisi lors de son passage à Calatayud en 1154.

La pression des chrétiens au XVe siècle ferait transférer le centre de production de reflets métalliques de Malaga à Manises, en commençant ainsi une relation féconde qui allait subsister à travers les siècles, entre l'axe andalous et la bande méditerranéenne de la Péninsule Ibérique, où se trouve aujourd'hui la plus grande partie de la production espagnole actuelle de carreaux céramiques.

Décors céramiques des XIIe et XIIIe siècles

Les premiers témoignages de céramique émaillée appliqués à l'architecture ne remontent pas au-delà de la fin du XIIe siècle. Les spécialistes semblent rattacher les techniques utilisées et leur abondante application à l'architecture de la Perse, car ils soupçonnent l'élan que des familles d' alfareros qui avaient émigré à Al Andalus (Andalousie), après l'irruption de Gen Gis Khan en Iran, ont pu exercer sur le développement du décor céramique aux XIVe et XVe siècles. .

L'utilisation de dallages et de soutiens ornés de céramiques est une coutume qui allait s'étendre dans le sud de l'Espagne. Avant 1240, lbn Said fait référence à la céramique fabriquée en Andalousie, où on l'appliquait au carrelage des maisons appelé a-zala,iyi (azulejos: céramiques). Selon ce chroniqueur, "elle possédait une grande variété de tons et elle remplaçait les marbres de couleurs employés par les orientaux pour embellir leurs maisons".

Les décors de céramique reflètent l'évolution des éléments culturels dans la complexité progressive de leurs tracés, avec des formes géométriques très dépurées et dans une exécution de plus en plus virtuose de laquelle témoignent les carreaux de céramique qui décorent certaines pièces de l'Alhambra de Grenade

Grenade au XIVe siècle: culture et confort

Dans le domaine architectonique, c'est aux XIVe et XVe siècles que l'on a atteint des niveaux de sophistication inhabituels, fondamentalement avec la technique du décor de céramique utilisée de préférence dans les carrelages et les soutiens.

La main d'oeuvre extrêmement spécialisée qu'exigeaient ces travaux décoratifs et d'autres sont un trait commun de plusieurs secteurs de l'économie de Grenade des XIVe et Xve siècles qui, alimentée par l'or qui venait du Soudan, a trouvé en plus une source de revenus inappréciables dans l'exportation de sa propre image comme marque de qualité de vie d'une société aulique, aristocratique, cultivée et qui possédait un sens très développé du confort.

XVe siècle: Céramiques de Manises pour l'Europe, l'Amérique et l'Orient

La zone qui se trouve autour de Valence constituait déjà à l'époque musulmane un centre important de production céramique, et l'habile politique commerciale fut le meilleur support d'un réseau de distribution des produits de céramique à travers les différents états chrétiens et musulmans de la Méditerranée, grâce au port de Valence, qui était alors le port plus attrayant de la Méditerranée.

On connaît le traitement de faveur que la République de Venise accorda aux produits de Manises. On a introduit aussi des céramiques de Manises et de Paterna dans des constructions en Ligurie, on en a envoyé jusqu'en Egypte, en Syrie voire en Turquie.

Mais c'est l'Italie qui fut peut-être le client le plus important. En 1445-57, Alfonso le Magnanime envoya carreler son palais de Castel Nuovo, à Naples, avec des pièces de Manises ornées de son blason. Manises est également devenue le centre fournisseur de carrelages pour les Papes en personne, dont elle a décoré les salles tout au long du XVe siècle.

Séville au XVIe siècle

Vers 1 500, les productions de de Manises et de Grenade n'ont plus le même succès et ce sont d'autres villes qui prennent la relève, surtout Séville et Tolède. Ces villes étaient les principaux centres de production d'une nouvelle technique: la décoration du motif principal sur la pièce carrée recuite, ce qui rendit beaucoup plus facile la disposition et l'apparition des premiers procédés de sériation. Le succès de cette technique fut fulminant et en quelques années elle envahit les marchés espagnol, européen et américain. Ce dernier avait spécialement besoin d'un produit moins cher qui la rende exportable et, avant tout, facile à placer, aspect que Manises avait laissé très clair depuis le XIVe siècle avec son succès commercial.

Les céramiques de Séville arrivèrent aussi en Grande-Bretagne, ont assorti les salles du Vatican du Pape Léon X (1.513-1521) et le château de San Angelo à Rome, et ont décoré des palais napolitains et génois conservés jusqu'à nos jours.

Protoindustrie et industrialisation

Voici les antécédents les plus remarquables des carreaux céramiques espagnols, des origines pleines d'histoire, de tradition et de culture.

Plus tard, aux XVIIe et XVIIIe siècles, des changements substantiels se produiront et vont motiver de fortes fluctuations dans les centres de production, qui entrent par après, au XIXe siècle et au début du XXe siècle, dans une étape protoindustrielle, qui débouchera sur l'apparition des premiers catalogues imprimés, sur l'incorporation au produit d'aspects promotionnels et sur l'Exposition Universelle de Barcelone en 1888.

Des années plus tard, les progrès technologiques mèneront la céramique espagnole aux cotes de qualité supérieure qu'elle possède au seuil du XXIe siècle.

 


histoire d' Espagne

Pélage (Pelayo en espagnol), mort en 737 à Cangas, est le premier roi des Asturies (718-737). Il est le fils d'un noble, un certain Favila, duc de Cantabrie et passe pour être un neveu ou un cousin de Rodéric, dernier roi wisigoth d'Espagne, mais sans véritable certitude. Il est cependant quasiment certain que le noble Pélage est un membre appartenant à la haute noblesse wisigothique et peut-être le descendant d'un ancien roi wisigoth, Chindaswinth (642-653).

Pélage est porte-lance du roi Rodéric à la bataille de Guadalete le 26 juillet 711 (année 92 de l'hégire), prés de Xérès. Après la perte de cette bataille après 3 jours de violents combats et la mort présumée du roi (dont le corps ne sera pourtant pas retrouvé), il migre vers le Nord avec 300 guerriers avant de se mettre à la tête des Chrétiens réfugiés dans les montagnes de la Cantabrie et des Asturies.

En 718, il convoque une assemblée de notables (dont des nobles wisigoths catholiques) qui le proclame " caudillo " (chef supreme), se conformant ainsi aux anciennes traditions wisigothiques, dont les souverains étaient élus, selon la tradition germanique. Prenant alors le titre de roi, il fonde le royaume des Asturies, fixe sa capitale dans la petite ville de Cangas de Onís et se veut le continuateur des rois wisigoths dont le souvenir de ces derniers restera longtemps dans les mémoires des résistants chrétiens du Nord.

Il demeure plusieurs années dans sa capitale, ignoré des vainqueurs Musulmans avant d'en sortir brusquement et de battre les Arabo-berbères à la bataille de Covadonga en 722 et dans plusieurs autres rencontres.

Il épouse la noble d'origine wisigothique Gaudiosa et est le père de : 

Favila (mort en 739), qui lui succèdera ; Ermesinde, mariée à Alphonse Ier le Catholique, qui succèdera au roi Favila. 

Considéré comme l'initiateur de la Reconquista, Pélage est l'un des héros de l'Espagne et le titre de " Prince des Asturies " est donné à l'héritier de la couronne. 
Le compositeur Ernest Guiraud a composé une tragédie de Pélage.


page de la bataille de l erbre

 

La bataille de l'Ebre


25 juillet 1938 - 15 novembre 1938

Depuis le 18 juillet 1936 la Guerre civile ensanglante l'Espagne. Si le camp républicain bénéficie d'une aide étrangère souvent fluctuante en matériel, les troupes nationalistes du Général Franco reçoivent le soutien massif de l'Allemagne nazie et de l'Italie fasciste, en hommes et en matériel.

Mais à l'instigation du Komintern et des communistes français, des volontaires étrangers issus de 53 pays différents commencent à s'enrôler au service de l'Espagne républicaine dans les Brigades internationales.

En mars 1937, les Nationalistes occupent, du Sud Ouest au Nord et au Nord Ouest, plus de la moitié du territoire républicain. Mais Madrid tient bon. 

En avril 1938, après la bataille de Teruel, la Catalogne est isolée de Valence du Centre et du Sud-Est encore tenus par les Républicains. A fin de desserrer cet étau et de sauver Valence, les Républicains décident d'ouvrir un autre front sur l'Ebre.

Le 25 juillet 1938 à 0H15, l'offensive est déclenchée. Les hommes des 11e, 15e, 14e Brigades internationales qui constituent le fer de lance de l'armée de l'Ebre s'élancent qui à la nage, qui à l'aide des embarcations hétéroclites rassemblées depuis plusieurs jours à l'insu des Nationalistes. 

De Mequinenza, au Nord Ouest, à Amposta, au Sud Est, le front s'étire sur 130 kms. Au Centre, dans la boucle de l'Ebre, les assaillants bousculent les troupes franquistes et, en cinq jours, avancent de 40 kms, établissant même dans le secteur de Gandesa un saillant dans le dispositif adverse.

L'espoir renaît dans le camp républicain. Mais les attaques successives pour s'emparer de la ville se brisent les unes après les autres. Franco fait alors monter en ligne, sous la protection de son aviation et de ses chars, une dizaine de ses divisions. 

Commence alors sur ce plateau aride qui domine l'Ebre une guerre de position d'une violence inouïe. Les pertes dans les deux camps sont énormes. L'aviation franquiste bientôt maîtresse du ciel bombarde sans répit les tranchées républicaines. Les renforts en matériel se tarissent. Sur les sierras de Caballs et de Pandols, les positions républicaines pourtant défendues avec acharnement tombent les unes après les autres.

Les villes de Gandesa, de Villalba de las Arcos et de Corbera d'Ebre sont réduites en cendres. Les semaines passent. A la chaleur torride de l'été espagnol succèdent bientôt l'humidité et la boue. Aux premiers froids de novembre, le repli inéluctable s'accentue. Pour protéger les 15 000 hommes et le peu de matériel qui repassent le fleuve, les combattants d'arrière garde se font tuer sur place.

Le 15 novembre, il n'y a plus de soldats républicains sur la rive droite de l'Ebre. Les combats acharnés auront fait dans les deux camps plusieurs dizaines de milliers de morts. Ces pertes considérables en hommes et en matériel allaient bientôt sonner le glas de la République espagnole.

 


Trafalgar

 

Trafalgar

Une bataille navale désastreuse pour la flotte française qui, le 21 octobre 1805, au large de Cadix, abandonne la suprématie des mers aux Anglais. 

Un tournant dans l'ascension de Napoléon : la défaite emprisonne l'Empereur sur le continent et le condamne à conquérir l'Europe. 

Tout commence par une formidable partie de cache-cache sur l'eau entre l'amiral français Villeneuve et son rival anglais, Horatio Nelson. Obéissant au plan arrêté par Napoléon pour débarquer en Angleterre, Villeneuve quitte Toulon et cingle vers les Antilles pour y attirer la flotte anglaise. Nelson erre dans l'Atlantique à sa recherche. 

Mais Villeneuve, dont les équipages sont peu nombreux, ne parvient pas à rejoindre l'escadre de Brest 

comme prévu. 

L'amiral Villeneuve reçoit de Napoléon l'ordre de faire sa jonction avec celle basée à Carthagène puis de faire mouvement pour soutenir Masséna en Italie. Nelson l'intercepte au large du cap Trafalgar.

Villeneuve fait alors retraite vers Cadix. Ses unités s'étirent en une ligne irrégulière de près de huit kilomètres de long. L'amiral anglais applique alors un plan décidé à l'avance.

Sa flotte est divisée en deux colonnes. Elles frappent le centre de la ligne de bataille franco-espagnole, la scindant en deux. En cinq heures de combat 18 bâtiments sont pris par les Anglais, les autres s'enfuient mais seuls 11 d'entre eux peuvent rejoindre Cadix.

Les forces en présence

Le 21 octobre 1805, à l'aube, Villeneuve appareille. 27 voiles ennemies sont visibles.

C'est la flotte anglaise, qui s'avance en deux colonnes, l'une menée par le vaisseau de Collingwood, l'autre dirigée par le Victory, sur lequel le vice-amiral Nelson surveille toutes les opérations.

Les forces anglaises comptent 27 vaisseaux. Les canonniers, très bien entraînés, disposent de 2200 canons contre 2600 aux alliés franco-espagnols. Les Anglais possèdent également des caronades crachant à grande cadence la mitraille sur l'équipage adverse. "L'Angleterre compte que chacun fera son devoir" : le message patriotique de Nelson montre l'importance de l'enjeu.

A bord du Bucentaure, Villeneuve commande les Alliés : 18 vaisseaux français dont 4 de quatre-vingt canons et 14 de soixante-quatorze canons. S'y adjoignent 15 vaisseaux expagnols, aux ordres de Gravina, pour la plupart médiocres. Les équipages français et surtout espagnols sont moins préparés que ceux des vaisseaux anglais. 

Les officiers français forment un ensemble disparate : marins instruits sous l'Ancien Régime et officiers de la marine marchande, formés tant bien que mal sous la Révolution. 

Les Anglais ne perdent aucun bâtiment, mais Nelson est mortellement touché lors du duel entre son navire amiral, le Victory, et le Redoutable français. La mort du grand amiral n'a pas d'influence sur la suite de la guerre en mer car la défaite française est définitive.

L'armée d'invasion de l'Angleterre, basée à Boulogne, a dû quitter ses positions pour la frontière autrichienne.

L'amiral Villeneuve, commandant de la flotte française, doit, selon les ordres de l'Empereur, détruire le maximum de navires anglais. Une première attaque le 25 septembre 1805 sur l'amiral anglais Caldwell a été plutôt satisfaisante : un vaisseau a été détruit, deux autres sont très endommagés, et plus important encore, l'Espagne s'engage dans cette guerre maritime au côté des français. 

En Angleterre, c'est la panique : les députés ont peur de la destruction de leur flotte ; ne plus être maître des mers serait pour eux une hécatombe. Ils hésitent à voter la guerre. Mais l'amiral Nelson prend les commandes de la flotte, ce qui rassure un peu les anglais. Celui-ci, se sachant en infériorité numérique, va chercher le combat à outrance. 

Villeneuve, malgré ses atouts, n'est pas rassuré du tout : la situation est tout à fait paradoxale. Les navires français et espagnols longent les côtes méditerranéennes. Nelson va tout faire pour les retrouver avant le passage de Trafalgar, pour une raison obscure. Il réussit son objectif, et les deux armées se rencontrent le 21 à midi... 

La bataille s'engage très rapidement. Comme prévu, une partie des navires franco-espagnols restent en dehors de l'affrontement. 

Première erreur énorme de Villeuneuve : certes la victoire était possible sans l'intervention de ces bateaux, mais les engager aurait assurer une domination écrasante. Nelson profite de cet écart et lance ses deux colonnes à l'assaut. Le combat est d'une furie ahurissante : partout les canons tonnent, les mâts explosent, les hommes hurlent... On assure que certains marins ou soldats sont devenus sourds pendant la bataille ! Une heure plus tard, la situation est mitigée : les anglais ont réussi à s'infiltrer au milieu de la concentration espagnole, obligeant les français à venir secourir leur allié ; mais en contrepartie, Nelson a perdu plusieurs navires.

A ce moment précis, Villeneuve pouvait remporter la plus grande victoire de sa longue carrière, venger l'affront d'Aboukir et surtout faire cesser ce qui fut plus de 400 ans de domination fluviale britannique ! Mais l'amiral a trop voulu défendre au lieu de contre-attaquer... Deuxième erreur, fatale. De plus, les forces franco-espagnols ne pouvaient coordonner leur progression, et pour cause : la barrière de la langue ! Nelson harangue ces troupes, répare les avaries de son vaisseau-amiral, le "Victory" et s'élance seul face au "Redoutable", le navire-amiral de Villeneuve. 

Les marins anglais reprennent confiance et poussent les français sur la défensive. Mais Nelson est grièvement blessé par un boulet du "Redoutable", ce qui met les anglais dans une colère indestructible. Trois heures plus tard, il n'y a plus de marine française, et les rares bateaux espagnols rescapés s'enfuient déjà vers Grenade. Villeneuve arrive une fois encore à s'échapper, tandis que l'Angleterre pleure Nelson, lui octroyant des funérailles nationales en hommage à sa grandeur. 

Napoléon dira à Sainte-Hélène : "Nelson est le seul anglais que j'ai toujours admiré : il a sauvé son pays de l'anéantissement, ce dont je suis bien malheureux de n'avoir pas réussi moi-même..."